Oddbjørg REINTON © 2021

Outlooks   [2 - in - 1]

recycle art

Insight | Outlook

de l'autre côté



La pollution marine est un sujet de plus en plus récurrent et inquiétant, même si on en parle depuis longtemps. Il s’agit de millions de tonnes de déchets qui jonchent les fonds marins ainsi que la surface, notamment des matières plastiques qui proviennent des côtes et des navires jetées en mer par ceux qui considèrent que la mer est une poubelle.
Les espèces marines, baleines, poissons, tortues, phoques et oiseaux marins ingèrent ces déchets ou restent attrapés dans les filets de pêches délaissés, et meurent fatalement.

Exposer au bord de la mer du Nord dans une phare, Ryvarden Lighthouse en 2017, m’a amené à apporofondir cette problématique. 
L'objectif était de créer le moins de déchets possibles, entre autres en réutilisant du matériel et matériaux déjà présents dans mon propre atelier :  des vieux cadres, des fenêtres, des chutes de toile et surtout des couches de peinture acrylique séchées (plastique) prélevées sur mes palettes ... L’idée d’intégrer des matériaux de récupération dans des créations nouvelles n’est bien entendu pas nouvelle. Mais le lieu - une frontière physique entre terre et mer – m’a amené à porter une attention particulière aux animaux qui traversent ou sont situées sur l'un ou l'autre côté de cette frontière ; en particulier les oiseaux et les poissons.

Les toiles montées derrière les fenêtres peuvent être tournées ; elles sont à double faces et représentent une matérialisation du changement climatique. Elles sont peintes des deux côtés, et offrent la possibilité de changer l’image au gré de nos envies et nos humeurs, tout simplement en les tournants. Nous savons tous que la vue depuis une même fenêtre peut changer radicalement de jour en jour en fonction de la météo.  Nous savons aussi qu’avec le changement climatique et les instabilités météorologiques nous avons de plus en plus du mal à gérer et à planifier nos vies, nous devons apprendre à agir pour ne pas subir les forces (in)attendues de la nature.
Nous sommes dans une société où le profit et la croissance sont les maîtres mots. Nous savons aussi que nous devons dépenser moins, ou du moins autrement pour préserver la planète pour les générations futures. Mes tableaux à double faces sont en ce sens une métaphore ironique du condensé, de l’efficacité, on dépense moins pour avoir plus ! Ce sont des 2 en 1 : Achetez une toile et obtenez deux !


Bien que je travaille autour de problématiques sérieuses j’ai souvent recours à l'humour et l'ironie.

Si la frontière, la limite, est un concept central dans mon travail, je me permets souvent de la déplacer. Ainsi - tout en gardant mon fil rouge -  je n’hésite pas à explorer différentes techniques et formes d'expression.

Beauty saves her skin from the Beast │ Echappée Belle de la Bête sauve sa peau

Fenêtre. Acrylique sur toile déchirée, fourrure synthétique, 58 x 78 cm, 2000 - 2018
[en] fermée │  ouverte

ReTurn over an old leaf   │  ReTourner une vieille page blanche

   Fenêtre. Acrylique sur Plexiglas, toile, 32 x 39 cm, 1990 - 2017  (vendu)
[en] fermée │  ouverte

Get me out of here │ Sortez-moi de là !
[To Bee or not to Bee]

Fenêtre. Acrylique et pigments sur Plexiglas, papier, toile,
39 x 46 cm (fermée) / 69 x 46 cm (ouverte)  2018

Le clin d’œil à la fameuse réplique de Hamlet de Shakespeare To be or not to be  déclenche immédiatement une valeur universelle et le rôle clé qu’ont les abeilles dans notre existence.
Le paradoxe réside alors dans le rôle que joue l’homme dans sa propre destruction -  notamment par l’utilisation des pesticides - puisque sur court terme le pouvoir et les intérêts économiques sont prioritaires si souvent.
Mon abeille solitaire se trouve piégée dans ce paradoxe : peinte avec de la peinture acrylique américaine et des pigments de Salagou : Elle vient de loin et de près, elle est composée de produits importés ainsi que des produits locaux : la fenêtre venant d’une ancienne maison dans le Lot est fabriquée de façon artisanale sur mesure…en ce sens elle est unique. L’abeille surdimensionnée – peut-être transgénique (allusion à la fake news que Monsanto avait inventé une abeille résistante aux pesticides) - est emprisonnée derrière la vitre de la fenêtre. Cette présentation fait à la fois allusion à l’esprit collectionneur propre à l’homme ; l’envie de préserver, garder, accumuler, mais aussi au choix que nous avons en tant qu’être réfléchissant et responsable d’ouvrir la fenêtre pour libérer l’abeille collée face au logo de produits dangereux. On veut préserver tout en détruisant. Est-on prêt à ouvrir et perdre notre collection au profit de tous ? Telle est la question.

Fragile  │ Det er ingen skam å snu

   Fenêtre. Acrylique sur Plexiglas, papier, bande scotch, 36 x 35 cm,1990 - 2020
recto │ verso



36 x 35 cm,1990 - 2020. (recto).

[Cycles ] Time flies Tide
recto │  verso
window,  acrylics on canvas,
80 x 121 cm, 2017


Blue Insight │ Blue Outlook
window, acrylics on canvas,
59 x 176 cm, 2017

Green Insight │ Green Outlook
window, acrylics on canvas,
59 x 176 cm, 2017

Red Insight │ Red Outlook
window, acrylics on canvas,
59 x 176 cm, 2017